Féminin-Masculin

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, par Pascal COMBEMOREL

 Le comportement sexuel

Nous avons décrits dans la partie précédente la structure et la mise en place des appareils génitaux. Suite à un rapport sexuel, les spermatozoïdes libérés dans le vagin vont se déplacer puis dans l’utérus puis dans les trompes. Là, si un ovocyte est présent, la fécondation pourra avoir lieu, donnant naissance à une cellule-œuf.

Dans l’espèce humaine, les rapports sexuels ne sont-ils motivés que par la volonté de concevoir une descendance ? Pour répondre à cette question, nous étudierons d’abord l’origine du comportement sexuel dans d’autres espèces avant de voir les points communs et les différences avec l’espèce humaine

Le comportement sexuel chez les Mammifères non Primates

Chez les Mammifères non Primates (c’est-à-dire les Mammifères qui ne sont pas des singes : moutons, chats, chiens,…), le comportement sexuel est sous contrôle hormonal :

  • les femelles n’acceptent les rapports sexuels avec les mâles que lorsque leur production d’œstrogènes est maximale : on parle d’œstrus ou de chaleurs. Cette forte production d’œstrogènes correspond également à la période d’ovulation : les femelles des Mammifères non Primates ont donc des rapport sexuels aux moments où il y a possibilité que ces rapport mènent à une descendance.
  • les mâles cherchent à avoir des rapports sexuels lorsque leur production de testostérone est maximale, ou suite à un pic de production de cette hormone.

Le comportement sexuel dans l’espèce humaine

Dans l’espèce humaine, on note aussi des corrélations entre production d’hormones et comportement sexuel :

  • les femmes ont plus fréquemment des rapports sexuels au moment de leur ovulation (qui correspond à une période de forte production d’œstrogènes)
  • les hommes n’ayant plus de testicules pour raisons médicales (cancer des testicules par exemple), et ne produisant donc plus de testostérone, ont plus de rapports sexuels lorsqu’on leur injecte de la testostérone

Cependant hommes et femmes ont quand même des rapports sexuels en dehors des périodes de forte production d’hormones. C’est donc qu’il existe d’autres facteurs contrôlant le comportement sexuel dans l’espèce humaine.

Le comportement sexuel peut aussi être motivé par la recherche de plaisir. En effet, des études du cerveau par IRMf ont montré que certaines zones étaient activées suite des actions déclenchant une sensation de plaisir (par exemple un rapport sexuel). Ces zones forment ce que l’on appelle le système (ou circuit) de récompense. C’est la sensation de plaisir déclenchée par l’activation du système de récompense qui peut pousser les individus à reproduire les comportements menant à l’activation de ce circuit.

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Le système de récompense
Les différentes aires indiquées (cortex préfrontal, noyau accubens,…) correspondent à des aires qui associent à une stimulation extérieure (entrées sensorielles) une sensation de plaisir. Le nom de ces différentes aires et leurs relations n’est pas à connaître.
Source : lecerveau.mcgill.ca, depuis Wikimedia Commons