Féminin-Masculin

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, par Pascal COMBEMOREL

 Prendre en charge sa vie sexuelle

Les rapports sexuels procurent, on l’a vu, du plaisir. Cependant, ces rapports peuvent aussi aboutir à une grossesse non désirée et peuvent transmettre des maladies. Nous allons voir comment éviter ces deux problèmes.

La contraception régulière

Les techniques de contraception visent à empêcher la conception d’un enfant lors de rapports sexuels. Il existe de nombreux modes de contraception.

Un exemple : la pilule contraceptive

Chez une femme ne prenant pas la pilule, l’ovulation est déclenchée par un pic de production d’une hormone appelée LH [1].

La pilule contient des progestatifs, qui sont des hormones de synthèse, proches de la progestérone naturellement produite par les femmes. Ces progestatifs vont inhiber, c’est-à-dire empêcher, le pic de production de LH. Il n’y aura donc pas ovulation.

La pilule contraceptive est le mode de contraception le plus utilisé par les femmes en France.

Les autres modes de contraception

Il existe de nombreux autres moyens de contraception que l’on peut regrouper en 3 catégories :

  • la contraception hormonale. Le principe est le même que celui décrit pour la pilule (des progestatifs bloquent le pic de LH et donc l’ovulation). Ce qui change est le mode d’administration du contraceptif. Exemples de contraception hormonale : la pilule contraceptive, le patch, l’anneau vaginal, l’implant, le stérilet hormonal.
  • la contraception mécanique. Le principe est d’empêcher les spermatozoïdes d’atteindre l’ovocyte. Ce sont les préservatifs masculins et féminins.
  • le stérilet au cuivre. Ce stérilet s’insère dans l’utérus. Le cuivre qu’il contient tue les spermatozoïdes. De plus le stérilet provoque une légère inflammation de la paroi de l’utérus, empêchant ainsi l’implantation (= la nidation) d’un éventuel embryon.

La contraception d’urgence

La contraception d’urgence doit être utilisée uniquement en cas de problème avec la contraception régulière (oubli de pilule, préservatif qui craque,…). La contraception d’urgence ne doit en aucun cas être utilisée de manière régulière car elle présente les caractéristiques suivantes :

  • elle est moins efficace que la contraception régulière
  • elle peut provoquer des effets secondaires importants

Les modes de contraception d’urgence listés ci-dessous doivent être pris le plus rapidement possible après le rapport sexuel car leur efficacité diminue rapidement avec le temps.

Pilule du lendemainPilule du surlendemainStérilet au cuivre
À prendre le plus rapidement possible après le rapport et jusqu’à… 3 jours 5 jours 5 jours
Principe de fonctionnement Contient un progestatif, le levonorgestrel, qui bloque l’ovulation Contient un progrestatif, l’ulipristal acétate qui bloque l’ovulation Provoque une inflammation de l’utérus qui empêche la nidation
Où se les procurer ? Pharmacie sans ordonnance, plannings familiaux, infirmière scolaire Pharmacie sur ordonnance uniquement Posé par un médecin généraliste, une sage-femme ou un gynécologue
Coût Gratuite pour les mineures, sinon 8 euros remboursés à 65% Gratuite pour les mineures, sinon 24 euros remboursés à 65% 30,50 euros remboursés à 65%
Effets secondaires possibles Maux de tête ou de ventre, nausées, petits saignements,… Maux de ventre et règles plus longues

L’interruption volontaire de grossesse (IVG)

Si malgré l’utilisation d’une contraception d’urgence, la grossesse se poursuit, il est possible de recourir à une interruption volontaire de grossesse.

Deux méthodes sont possibles :

  • l’IVG médicamenteuse, jusqu’à la 5e semaine de grossesse : la femme prend un médicament, le RU486. Cette molécule se fixe sur les récepteurs la progestérone de la paroi de l’utérus. Cette fixation du RU486 déclenche les règles.
  • l’IVG chirurgicale, jusqu’à la 12e semaine de grossesse : l’embryon est aspiré lors d’une intervention chirurgicale.

Au delà de la 12e de grossesse, l’IVG est illégale en France. L’IVG est gratuite pour les mineures et ne nécessite pas l’autorisation des parents. Cependant, la loi oblige une jeune fille mineure à être accompagnée dans sa démarche par une personne majeure de son choix.

Les infections sexuellement transmissibles (IST)

Les IST sont des maladies causées par des bactéries ou des virus (infections) et qui peuvent se transmettre lors de rapports sexuels (sexuellement transmissibles).

Parmi les IST causées par des bactéries, il y a par exemple la chlamydiose ou la syphilis. Pour les IST d’origine virale, citons le SIDA ou l’herpès génital.

Les complications causées par ces maladies sont variées mais les principaux risques sont la stérilité et la transmission de la maladie au bébé. La seule protection contre ces maladies est l’emploi de préservatifs (masculins ou féminins). Avant de se passer de préservatifs, il est donc important que les deux partenaires aillent se faire dépister. Cela se fait à l’aide d’une prise de sang ou d’un prélèvement local au niveau des zones touchées.

La plupart des IST, lorsqu’elles sont dépistées, peuvent être traitées à l’aide d’antibiotiques (pour les IST d’origine bactérienne) ou d’antiviraux (pour les IST d’origine virale). Cependant certaines ne peuvent être traitées. La plus connue est le SIDA, qu’on ne sait actuellement pas guérir : les malades sont obligés de prendre à vie des traitements très contraignants pour lutter contre les symptômes de la maladie (destruction du système immunitaire).

La procréation médicalement assistée (PMA)

La PMA correspond à l’ensemble des techniques permettant à un couple ne réussissant pas à avoir d’enfant naturellement, d’essayer d’en avoir.

Plusieurs raisons peuvent expliquer l’infertilité d’un couple :

  • pour l’homme, cela peut être une production insuffisante de spermatozoïdes, ou de spermatozoïdes ayant une forme anormale par exemple
  • pour la femme, cela peut être une obstruction des trompes (l’ovocyte ne peut pas atteindre l’utérus) ou au contraire des trompes perméables (l’ovocyte termine dans la cavité abdominale)

Les techniques de PMA utilisées varient selon l’origine de l’infertilité. Comme techniques de PMA, il y a par exemple :

  • l’insémination artificielle. Cela consiste à injecter, à l’aide d’une sonde, les spermatozoïdes du conjoint ou d’un donneur dans l’utérus de la femme. Cette technique est par exemple employée quand l’homme ne produit pas de spermatozoïdes (on utilise alors ceux d’un donneur)
  • la fécondation in vitro (FIV) se déroule en plusieurs étapes :
    • on récupère le sperme de l’homme, et les ovocytes de la femme directement dans les ovaires (ponction)
    • le spermatozoïdes et les ovocytes sont mis en contact, il y a fécondation. Comme cette fécondation se fait en dehors de l’organisme, on la qualifie de in vitro
    • sur tous les embryons obtenus, on en transfère 2 à 3 dans l’utérus de la femme, les autres sont congelés pour être réutilisé au cas où aucun embryon ne se développerait, ou pour une seconde grossesse
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Fécondation in vitro et transfert d’embryon (FIVETE)
Les différentes étapes d’une FIVETE.
Source : OpenStax College, depuis Wikimedia Commons
  • l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Si dans un protocole de FIV, la fécondation ne se fait pas naturellement entre les spermatozoïdes et les ovocytes, on peut utiliser l’ICSI. Comme son nom l’indique, cela consiste à injecter directement un spermatozoïde dans le cytoplasme de l’ovocyte
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Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI)
L’ovocyte (grosse cellule centrale) est maintenu en place par une pipette d’aspiration (à gauche). Le spermatozoïde est injecté dans l’ovocyte par une seconde pipette (venant de la droite).
Source : Eugene Ermolovich, depuis Wikimedia Commons

Toutes ces techniques de PMA sont réservées en France aux couples hétérosexuels mariés, ou pouvant justifier de plus de 2 ans de vie commune.

Ces techniques ne sont pas efficaces à 100%. Au contraire leur taux de réussite est assez faible, il est souvent nécessaire de s’y reprendre à plusieurs fois avant que le couple ne parvienne à avoir un enfant.

 Exercices

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Notes

[1LH est une hormone produite par l’hypophyse, une zone du cerveau, et qui va agir sur les ovaires en provoquant l’ovulation.